OSE Niger rencontre… Nafissa Seyni Abdou, ingénieure statisticienne à l’INS du Niger

Enfance et vie au lycée

Nafissa

© Nafissa Seyni Abdou

« Je suis née en 1991 à Tahoua, au Niger.

Après avoir fréquenté l’école primaire Yasmina de Niamey, puis l’école Mara pour le CM2, j’ai rejoint le collège / lycée Mariama de 2002 à 2009. Le choix de cet établissement, de référence au Niger, a été fait par ma mère, qui avait elle-même fréquenté cette école.

Le lycée m’a permis de découvrir mon talent pour les matières scientifiques, notamment pour les mathématiques et les sciences physiques.

Au lycée Mariama, le défi à relever, pour mes amis et moi, était de décrocher les meilleures notes en mathématiques et en physique-chimie. On passait notre temps à comparer les moyennes avec les autres classes. Ma plus grande joie alors était de voir mes professeurs (MM. Latif et Wilson), ainsi que mes très chers parents, être fiers de mes exploits. C’est avec plaisir que je composais ces matières et j’avoue que j’hésitais sur le chemin à suivre après le bac.

En 2009 j’ai obtenu mon baccalauréat en sciences expérimentales (série D) avec la mention assez bien. »

Les études supérieures

« Le choix a été difficile pour l’après-bac. Les suggestions venaient de partout : tantôt c’était la médecine « vu mon jeune âge », ou la pharmacie, tantôt la géologie, les mines… Moi j’étais fan de l’architecture même si j’étais convaincue à l’époque que ce n’était pas ma vocation (je dessine très mal).

La bourse de coopération marocaine que j’ai obtenue a contribué à déterminer mon choix : elle m’imposait de faire de la biologie, ou « science de la vie », à la Faculté des Sciences Semlalia de Marrakech, avant de concourir pour étudier à la faculté de pharmacie, sous condition d’avoir obtenu une mention au DEUG (bac + 2). C’était très embarrassant de me retrouver à étudier des matières que je n’appréciais guère…

J’ai dû chercher un transfert vers la Faculté des Sciences économiques, juridiques et sociales (FSEJS), toujours à Marrakech, pour y réaliser ma licence (bac + 3) en 2012 en finance et banque, un autre domaine que j’ai aimé découvrir.

Je voulais d’ailleurs exceller dans ce domaine et me spécialiser en commerce international, plus particulièrement en finance des marchés. J’avais pour ambition de développer ce secteur dans mon pays, le Niger. C’est pour ces raisons que j’ai décidé de me présenter au concours d’entrée au cycle d’ingénieur en actuariat et finance à l’Institut National de la Statistique et de l’Economie Appliquée (INSEA, Rabat, Maroc).

Mes résultats au concours m’ont permis de poursuivre mes études au sein de l’option statistique et économie appliquée. Après deux années de formation, j’ai décroché mon diplôme d’ingénieur d’Etat en juillet 2014.

Après ma licence, je me suis mariée, et avec l’accord et le soutien de mon mari, ainsi que celui de toute ma famille, je suis retournée au Maroc continuer mes études. Chose qui n’a pas été facile du tout ! Mais mon courage, ma détermination à aller jusqu’au bout et l’appui de mes proches m’ont accompagné sur mon chemin.»

Focus sur l’INSEA Rabat

« L’INSEA est l’une des écoles d’ingénieurs de référence au Maroc. Elle forme dans les domaines de l’actuariat, de la finance, de l’informatique, des statistiques et de l’économie appliquée, de la recherche opérationnelle et des statistiques démographiques.

Pour rejoindre l’INSEA, il existe plusieurs possibilités :

  • En première année de cycle ingénieurs (3 années de formation après l’admission) :
    • être admis au concours national d’entrée dans les écoles d’ingénieurs après deux années de classes préparatoires au Maroc et choisir l’INSEA comme école ;
    • être admis au concours d’entrée en première année du cycle INSEA après deux années de formations en mathématiques ou en sciences économiques avec l’obtention d’un diplôme avec mention assez bien a minima.
  • En deuxième année de cycle (2 années de formation) :
    • Etre admis au concours d’entrée dédié à l’INSEA, et ce après l’obtention d’une licence en mathématiques ou en sciences économiques avec la mention assez bien au moins.
INSEA

INSEA © Nafissa Seyni Abdou

L’INSEA est une école très sérieuse, tenue avec beaucoup de rigueur, dont le cadre de travail est propice aux études ; sa bibliothèque est très riche en documents, son corps professoral qualifié, un internat et un restaurant sont par ailleurs mis à la disposition des étudiants.

Les diplômés s’insèrent facilement sur le marché du travail, avec à la clé des emplois qualifiés. Les diplômés de l’INSEA font carrière dans le secteur public, les collectivités locales et le secteur privé : banques, compagnies d’assurances et grandes entreprises nationales et multinationales. Parmi eux, nous retrouvons de très hautes personnalités marocaines et étrangères. Nous pouvons ainsi citer M. Abdelkalek Touhami, consultant à la Banque Mondiale et enseignant chercheur à l’INSEA, ainsi que Mme Takoubakoye Aminata Boureima, ancienne Ministre des Nouvelles Technologies de l’Information, et actuelle coordonnatrice du Plan de Développement Economique et Social (PDES) au Niger. »

Les stages en entreprise et administration

« J’ai réalisé deux stages au cours de mes études :

  • un stage de découverte au siège de la BIA Niger en 2012 qui m’a permis d’acquérir une première expérience sur le terrain après ma licence en banque et finance ;
  • un stage d’application à l’Institut National de la Statistique du Niger (INS Niger) en 2013, afin de réaliser le stage obligatoire exigé par l’INSEA.

Mon premier stage à la BIA m’a permis de découvrir le retard accumulé dans le domaine de la finance au Niger. Ce stage a notamment été l’occasion de dresser la comparaison avec les produits offerts ou la qualité des services proposés par les banques marocaines. Il y a encore beaucoup à faire au Niger.

Mon second stage était d’ordre plus pratique, et a été l’opportunité de manipuler différents logiciels (STATA, SPSS, Excel..) et bases de données (EVCMA 2011, EDSN 2006). Il m’a par ailleurs permis de prendre conscience de différentes réalités de mon pays, notamment en termes de pauvreté et de production agricole. »

Vie professionnelle

« Il était évident pour moi que je rentrerai à l’issue de mes études au Maroc auprès de ma famille. Il était par ailleurs primordial pour moi de pouvoir servir mon pays, et je ne me voyais pas mettre mon énergie au développement d’une autre région que celle à laquelle j’appartiens.

Aussitôt que je recevais mon diplôme d’ingénieur d’état, l’INS Nigérienne a lancé un concours de recrutement de huit Ingénieurs Statisticiens Economistes (ISE).

J’ai postulé sans l’ombre d’une hésitation : c’était pour moi le lieu adéquat pour débuter ma carrière professionnelle. Il s’agissait de pouvoir cumuler quelques années d’expérience dans mon domaine en pratiquant des enquêtes et des analyses de données, tout en développant ma maitrise des logiciels d’analyse statistiques et économiques, de coordination, de suivi et d’évaluation, etc. »

La suite

« Je travaille depuis un an maintenant auprès de la Direction de la coordination et du développement statistique, et je suis membre de la cellule suivi et évaluation au sein de l’INS.

En parallèle, j’ai réalisé une formation en gestion des projets à l’ESCAE de Niamey. La soutenance de ce qui me conduira à l’obtention d’un Master 2 est prévue pour décembre 2015.

J’ai également pour projet de me former à la pratique de la langue anglaise, et plus généralement de m’équiper de tout le bagage de connaissances qui seront nécessaires à l’intégration d’organismes internationaux. »

Un conseil pour finir

« Mon conseil pour nos lecteurs ? Se donner dans la vie les moyens de faire des choix judicieux, être ambitieux et y croire pour pouvoir aller jusqu’au bout.

La vie n’est pas tracée pour tout le monde. C’est à nous de rechercher le chemin que nous voudrions emprunter. Je crois en la jeunesse nigérienne, mais c’est à chacun d’entre nous de croire en lui-même.

Merci à l’équipe d’OSE Niger pour cette interview !!! »

Un grand merci à Laouali Abdou Idriss pour la mise en relation et à Nafissa pour sa disponibilité.

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