OSE Niger rencontre… Joana Celestina D’ALMEIDA ROGER PIERRE, étudiante à Télécom Bretagne et diplômée de l’INPT

Aux origines…

L’histoire de Joana débute à N’Guigmi, dans la région de Diffa, où elle grandit auprès de ses grands-parents. Elève à l’école primaire des filles, puis au collège de N’Guigmi, Joana est bonne élève et obtient de très bonnes notes au BEPC. Ses professeurs lui suggèrent de présenter le concours au lycée d’excellence de Niamey, concours qu’elle valide haut la main. C’est ainsi qu’elle rejoint Niamey pour y poursuivre ses études jusqu’à l’obtention d’un bac C (scientifique).

Portrait Joana« Au lycée, j’avais pour projet de travailler dans les énergies renouvelables. » Le temps, agrémenté de son lot de rencontres et de découvertes, allait en décider un peu différemment…

Alors qu’elle préparait son baccalauréat au lycée d’excellence, l’Association des Nigériens Etudiant au Maroc (ANEM) lui permet de rencontrer des étudiants et diplômés ayant bénéficié d’une bourse de l’ANAB pour poursuivre leurs études au Maroc. Ils lui parlent de la faculté des sciences et techniques (FST) de Béni Mellal, de l’informatique et des réseaux. « Ca a fait tilt. »

Destination Maroc

Sa bourse de l’ANAB en poche, Joana quitte Niamey pour Béni Mellal. En première année de fac, elle découvre et confirme sa passion pour l’informatique. Elle découvre également le racisme. Certains cours et travaux dirigés sont en arabe, dont elle ne parle pas la langue. Beaucoup, beaucoup de travail personnel, des sentiments contrastés et un choc culturel auquel Joana n’était pas préparée.

Joana obtient un DEUG (bac + 2). A nouveau, elle est bien classée. Elle entend parler de l’INPT (Institut National des Postes et Télécommunications), à Rabat. « Je décide de présenter le concours parallèle de l’école, concours ouvert aux étudiants titulaires de bacs + 2, non issus des classes préparatoires… Et je le réussis ! »

Direction Rabat, pour deux années d’études supplémentaires. Côté financement, Joana demande et perçoit des bourses grâce à l’AMCI (Agence Marocaine de Coopération Internationale), qui lui permet ainsi de poursuivre ses études au Maroc. L’ANAB l’aide à faire le complément.

Au sein de l’INPT, Joana découvre les partenariats de l’institut avec plusieurs écoles françaises d’ingénieurs prestigieuses : Supélec, l’INSA Lyon, Télécom Sud Paris… Et Telecom Bretagne.Portrait Joana

« J’avais envie de poursuivre mes études dans une très bonne école et vivre une expérience qui, au-delà de l’intérêt professionnel, qui reste ma motivation essentielle, me permettrait de m’enrichir sur le plan socioculturel. J’avais entendu et lu des témoignages de personnes ayant vécu une expérience similaire, j’ai eu envie de vivre ça moi aussi. Et puis, dans une époque où la mondialisation prend de plus en plus d’ampleur, une expérience d’étude à l’étranger était, sans aucun doute, un avantage considérable sur un CV ! »

Des diplômés marocains de l’INPT lui parlent de leur expérience au sein de Telecom Bretagne, de leur séjour qu’ils ont vraiment apprécié. C’est décidé, Joana partira effectuer sa quatrième et dernière année d’école en France.

Sa dernière ?

Arrivée à Brest… Et Lannion

Automne 2012, arrivée à Brest. Sur le campus du technopôle de Plouzané pour être précis.

Télécom Bretagne, outre le fait d’être l’une des plus grandes écoles d’ingénieurs en télécommunications françaises, c’est aussi des étudiants de 56 nationalités différentes et un campus très sympa. « J’habite sur le campus, parmi d’autres étudiants étrangers. Beaucoup d’activités y sont proposées. Et j’ai deux minutes à pied entre ma chambre et les salles de cours. »

Télécom Bretagne l’invite à profiter de son année pour réaliser un stage en entreprise. Joana parcourt quelques dizaines de kilomètres supplémentaires pour arriver à Lannion, où elle rejoint l’entité Soft d’Orange Labs, dédiée à l’expertise et à la production logicielles. « L’entité Soft Lannion est constituée de quatre équipes. J’ai effectué mon stage au sein d’une de ces équipes, auprès d’une quinzaine de personnes expertes en Androïd. »

En septembre 2013, Joana obtient son diplôme de l’INPT, spécialité systèmes logiciels et réseaux. Et décide de rester à Télécom Bretagne pour l’année scolaire 2013/2014. « C’était nécessaire pour me permettre d’être également ingénieure diplômée de Télécom Bretagne. Je me spécialise cette année dans l’ingénierie des services et des affaires. Côté financements, je ne bénéficie plus d’aides pour cette dernière année d’études ; je me suis servie en partie de l’argent gagné au cours de mon stage pour la financer. »

Et après ?

« Le domaine de l’informatique est très peu développé au Niger. Pour autant, les sociétés de télécommunications sont présentes dans la région : Orange, Moov, SahelCom, Airtel… Certaines entreprises font développer leurs applications, mobiles notamment, à l’étranger. D’autres, comme Orange, développent ces mêmes applications en France. Je souhaite poursuivre et développer mon expérience professionnelle dans la conception et les développements des systèmes logiciels au cours des deux prochaines années. Pourquoi pas dans un pays anglophone. Et mûrir, enrichir en parallèle un autre projet pro, travailler à son financement. »Portrait Joana

Tu peux nous en dire un peu plus Joana ?

« J’ai rencontré, au cours de mes études au Maroc notamment, d’autres jeunes d’Afrique sub-saharienne motivés par la création de notre propre structure. On aimerait encourager et travailler au développement d’applications mobiles in situ, dans la région. »

Un dernier message à nos lecteurs, Joana ?

« Cultivez l’envie, travaillez dur, ne vous découragez pas. Et persévérez. »

Les liens :

Propos recueillis par Agnès Trevarain, Ose-Niger.

Un grand merci à Télécom Bretagne pour votre disponibilité, ainsi qu’à la librairie des voyageurs (14 rue Boussingault, Brest) pour votre accueil 😉

Et, bien évidemment, un grand grand merci à toi Joana pour le temps que tu as accepté de consacrer à Ose-Niger. Longue et belle vie à tous tes projets !

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