“Les notes de Campus France” : le hors-série no7 en synthèse

Chaque année plus nombreux, les étudiants africains et maghrébins quittent leurs pays d’origine pour poursuivre leur cursus scolaire à l’étranger. En 2010, on dénombrait ainsi pas moins de 380 376 étudiants du continent en mobilité (en d’autres termes, en dehors de leur pays d’origine), soit environ 10% du total de la mobilité étudiante mondiale.

Qu’ils soient en quête de connaissances ou compétences recherchées sur le marché du travail, d’un élargissement de leurs horizons culturels et intellectuels, Ose-Niger vous propose de revenir cette semaine sur ces jeunes d’Afrique partis ailleurs, ainsi que sur les pays qui les accueillent.

D’où viennent-ils ?

Selon l’UNESCO, le Maroc arrive en tête des dix premiers pays d’origine des étudiants du continent africain en mobilité en 2010 avec 39 865 étudiants (soit plus de 10% du total des étudiants africains en mobilité), devant le Nigéria (environ 10% des étudiants africains en mobilité), l’Algérie (6%), le Zimbabwe (5%) et le Cameroun (5%).

Pays d'origine des étudiants africains en mobilité

Où vont-ils ?

Les cinq destinations privilégiées des étudiants du continent africain en mobilité en 2010, toujours selon l’UNESCO, demeurent en premier lieu la France avec un effectif de 111 195 étudiants (environ 29% du total de la zone), l’Afrique du Sud (15%), le Royaume-Uni (10%), les Etats-Unis (10%) et l’Allemagne (5%).

Pays d'accueil des étudiants africains en mobilité

Pourquoi y vont-ils ?

  • La force des liens historiques : la France, premier pays d’accueil

Le Maghreb et l’Afrique sub-saharienne francophone entretiennent avec la France des rapports étroits hérités de la colonisation. D’où la prédominance de la France dans le choix des étudiants de ces régions désireux de poursuivre leurs études à l’étranger.

Ainsi,  67,1% des étudiants en mobilité originaires du  Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) poursuivent leurs études en France, où ils représentent, en 2011-2012, 24,1% des étudiants étrangers (source : Ministère français de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche).

On retrouve également cette influence importante de la France dans la région sub-saharienne francophone : 47% des étudiants en mobilité originaires des pays d’Afrique sub-saharienne se rendent en France, où ils représentent en 2011-2012, toujours d’après le Ministère français de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, près de 20% des étudiants étrangers (proportion en hausse de 2,27% entre 2009-2010 et 2011-2012).

  • L’argument linguistique : l’attraction des pays anglophones

D’après l’UNESCO, les étudiants originaires d’Afrique sub-saharienne non francophone se dirigent naturellement et majoritairement vers l’Afrique du Sud, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Malaisie.

Ces pays attirent également, et de plus en plus, les jeunes étudiants d’Afrique sub-saharienne francophone en raison notamment de la prédominance de la langue anglaise dans le monde… Et sur le marché du travail.

De nouvelles perspectives ?

  • L’Afrique du sud, le Maroc et l’Angola ou le développement de la mobilité intra-régionale

L’Afrique n’échappe pas à l’essor de la mobilité intra-régionale, principalement sous-tendue par des raisons géographiques et culturelles.

D’abord l’Afrique du sud, second pays d’accueil, dont les principaux atouts sont un niveau de développement et une qualité d’enseignement proches de ceux des pays d’Europe, exerce surtout son influence sur les pays anglophones proches géographiquement.

Ensuite vient le Maroc, 10e pays d’accueil, qui a mis en place depuis quelques années une politique d’attractivité basée notamment sur son système d’enseignement de bon niveau, un développement important d’établissements privés et une offre de formation très diversifiée à des coûts souvent moindre qu’en Europe.  Notons également sa politique ambitieuse d’octroi de bourses via l’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI) : en 2013, le Maroc comptait ainsi 6500 étudiants boursiers issus de 42 pays d’Afrique.

Enfin, l’Angola, troisième pays d’accueil des étudiants africains en mobilité du continent et 11e dans le monde. La destination angolaise attire plus les étudiants des pays voisins lusophones dont les systèmes d’enseignement supérieur sont lacunaires.

  • La Chine ou l’implantation des Instituts Confucius dans les universités africaines

Aujourd’hui premier partenaire économique de l’Afrique, devant la France et les Etats-Unis, la Chine a fait le choix de renforcer la coopération économique par le développement parallèle de la coopération culturelle.

Logo Institut Confucius En juin 2013, pas moins de 31 Instituts Confucius, dédiés à l’enseignement de la langue et à la diffusion de la culture chinoise, étaient implantés au sein des universités d’une vingtaine de pays d’Afrique.

Outre le développement de Instituts Confucius, le forum de coopération sino-africain, qui a réuni à Pékin en juillet 2012 les représentants de 50 pays africains, s’est fixé entre autres objectifs d’octroyer 18 000 bourses aux étudiants africains sur la période 2013-2015. Les domaines d’études ciblés ? L’agriculture, la médecine, les langues, l’éducation, l’économie et la gestion.

Consulter le hors-série des « Notes de Campus France ».

 Article rédigé par Ange-Dieudonné Tiangbo, étudiant en Master 1 de fiscalité et droit des affaires, au sein du groupe Pigier, Côte d’Ivoire

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