La rencontre qui a changé ma vie

niamey - université

La scène se déroule à la toute fin des années 90. Etudiante en Sciences Economiques à la FSEJ, je suis dans un taxi faisant la liaison Haro Banda-Petit Marché. Nous nous arrêtons au niveau de l’Ecole Normale pour prendre un passager de plus.

Alors qu’il s’installe dans le véhicule et nous salue, je lui réponds du traditionnel « Bonjour Camarade ! ». Le jeune homme me sourit alors : « Je ne suis pas ton camarade. » S’en suit alors la discussion qui a changé ma vie.

Le jeune homme s’appelle Abdoulaye Aboubacar Djimrao, il n’est pas un étudiant, mais malgré son jeune âge et son aspect particulièrement juvénile, il est chargé de cours vacataire à l’Université. Il est ingénieur en statistique et économie,  tout fraîchement diplômé d’une école dont j’entends parler pour la première fois, l’ENSEA d’Abidjan. J’apprends que cette école recrute sur concours des profils comme le mien, et des possibilités de bourse de coopération existent selon les résultats du candidat.

Djimrao m’indique où trouver les informations pour m’inscrire au concours et m’encourage fortement à postuler. Je comprends vite qu’un diplôme de cette école me permettra de réaliser mon projet professionnel beaucoup plus facilement que la maîtrise de gestion à laquelle je me destine.

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J’ai revu Djimrao à quelques reprises, alors qu’il passait sur mon lieu de travail prendre de nos nouvelles  (ma jeune sœur, bachelière du Lycée d’Excellence, ayant décidé de passer le concours similaire de l’ENEA-Dakar, recrutant au niveau baccalauréat). La dernière fois où j’ai eu l’occasion de le voir, il m’apportait la nouvelle de notre admission à toutes les deux.

Il est malheureusement décédé quelques années plus tard, en 2007 (que la terre lui soit légère), en laissant un grand vide dans la famille des statisticiens nigériens. Une salle de réunion porte désormais son nom au siège de l’Institut National de la Statistique à Niamey.

Si je vous parle de Feu Djimrao aujourd’hui, c’est parce que cette anecdote est au cœur du sens que nous souhaitons donner à notre action, pour plusieurs raisons :

    • Les possibilités de formation existent, et elles sont nombreuses. Des cursus de qualité, reconnus sur le plan international,  se trouvent aussi sur le continent. Notre mission vise notamment à recenser toutes les opportunités accessibles aux étudiants nigériens de par le monde pour permettre à chacun, selon ses capacités, de construire son projet de formation.

    • Pour plusieurs raisons, les informations adéquates ne parviennent pas aux élèves et étudiants nigériens. Les beaux parcours doivent souvent  beaucoup au hasard qui favorise les bonnes rencontres. Notre site internet ainsi que les actions que nous menons sur le terrain doivent nous permettre d’aller vers tous les étudiants et lycéens du Niger avec l’information qui leur fait cruellement défaut.

    • Avec internet, nous avons tous, chacun à notre niveau, la possibilité de changer l’avenir d’un jeune nigérien. Les taxis restent toujours un lieu privilégié d’échanges, mais internet permet également de diffuser l’information à une très large échelle. Au sein de l’ONG Ose-Niger, nous essayons de « faire notre part », en organisation des conférences d’information et en publiant régulièrement des articles  sur les possibilités de bourses et d’orientation.

Vous aussi vous pouvez faire quelque chose! Nous avons besoin de chacun d’entre vous pour répercuter l’information grâce au bouche à oreille, à des envois massif à votre carnet d’adresse ou à travers les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Google+ et autres).

Je vous souhaite une excellente lecture de cette première newsletter que je souhaite dédier à mon camarade statisticien Feu Abdoulaye Aboubacar Djimrao.

 

Récit de Mme Nzi Fati Hassane, Présidente d’Ose-Niger

 

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